Randonnée
audio-guidée

Rolampont - Faverolles

Légendes et tradition




La petite construction qui se trouve devant vous est appelée localement la « baraque à goutte ». Certains jours à l’automne, on y fabrique l’eau de vie. La journée commence de bonne heure, vers 7h du matin. La fabrication de cet alcool nécessite de suivre à la lettre un processus transmis depuis plusieurs générations. Pour débuter, il convient de mettre tous les fruits fermentés dans la cuve en cuivre de l’alambic et les faire chauffer pendant pas moins d’1 heure. Certains choisiront des quetsches, d’autres des mirabelles ou des poires. Chauffés grâce à un système de bain marie maintenu en température par la chaudière à bois, les fruits cuits dégagent des vapeurs d’eau et d’alcool. Cette fine brume passe ensuite dans la pipe, simple conduit qui relie les 2 différentes cuves, pour finir dans le serpentin qui lui, la refroidit. Le reliquat alcoolique ainsi obtenu coule à environs 70°, mais ce taux peut varier selon la récolte de fruits et le savoir faire de chaque distillateur. Voici donc la « première cuite » qui se termine. Au fur et à mesure de cette opération, l’alcool perd de ses degrés et il ne faut pas oublier de le mesurer avec un pèse-alcool, jusqu’à obtenir une eau de vie à 20°. Mais attention, la dure tâche de la fabrication de l’eau de vie ne s’arrête pas là. Les bouilleurs de crus doivent faire la « repasse » comme ils disent. En effet, c’est l’heure de remettre l’alcool dans l’alambic et de le refaire chauffer. Cette fois-ci, on le tirera jusqu’à 50°. Pour terminer, l’alcool sera réglé au degré voulu en ajoutant de l’eau. Voici enfin un bon digestif qui ne demande qu’à être dégusté !

Cette tradition des cabanes à gouttes est particulière au département de la Haute-Marne.

D’autres coutumes, transmises de génération en génération, se perpétuent encore de nos jours. La pose des mais par exemple est une fête villageoise qui se déroule dans la nuit du 30 avril au 01 mai. A Faverolles comme dans les autres villages du département, les garçons se rassemblent à la nuit tombée pour couper de jeunes arbres dans les bois communaux. Les arbres sont ensuite érigés devant les habitations des jeunes filles en âge de se marier. Puis, alors que le village est plongé dans un profond sommeil, cette équipe de joyeux lurons subtilisent çà et là des objets offerts à leur convoitise dans les cours ou les jardins demeurés imprudemment ouvertes. Les pots de fleurs, barrières, mobilier de jardin ou volets attendent alors au petit matin leurs propriétaires au centre du village.

Une autre coutume est pratiquée durant la semaine sainte de Pâques, lorsque les cloches se taisent durant trois jours. Les parents expliquent aux enfants qu'elles sont parties à Rome pour recevoir la bénédiction du Pape et qu'elles reviendront le matin de Pâques chargées d'œufs en chocolat qu'elles laisseront tomber dans les jardins. Durant leur absence, se sont les enfants qui parcourent les rues crécelles en main, cet instrument en bois qui prend des formes diverses selon les régions mais qui émet toujours un son facilement audible. C’est ainsi à l’aide de la crécelle, qu’ils vont remplacer les cloches et annoncer les offices religieux : le matin à 7 h l'angélus est annoncé, puis à 12 h voici midi bon appétit, et à 19 h voici l'angélus.

Terre de tradition, Faverolles possède également ses légendes populaires. Remarquez sur la cabane à goutte la gueule de lion crachant l’eau d’une source limpide. Avec une vingtaine de sources qui ne tarissent jamais, le territoire de Faverolles est largement favorisé par cet élément. Certaines d’entre elles donnent naissance à des rus, tandis que d’autres se jettent dans la Suize. Autrefois, l’eau de ces sources alimentait les six lavoirs-fontaines aménagés tout au long du village. Aujourd’hui, seuls deux d’entre eux ont été conservés. L’une des sources, « la Désirée », jaillit abondamment à 2km au nord du village. L’histoire locale en rapporte une légende naïve que voici :

Des fées, nymphes des fontaines, ayant leur maison dans la forêt de Montgessey, voulurent emporter la source de la « Désirée » dans une hotte, pour montrer leur puissance à un riche seigneur des environs. Elles se dirigèrent alors vers le village de Bugnières, implanté sur des terrains plus arides. Quand elles arrivèrent à la croix du haut près du village de Leffonds, la source revint d’elle-même à Faverolles, où elle fut désormais à l’abri de leur ambition. A l’issue de cet évènement, les habitants de Faverolles chantèrent « Plait à Dieu, vaille que vaille, la source Désirée est à nous… »

Legendes

Poursuivez votre balade en descendant vers la rivière de la Suize.

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